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Phase d’incubation avec sept structures

Sept structures ont participé à la phase d’incubation du projet pilote. Celle-ci comprenait une réunion d’information, une formation continue consacrée à la culture du jeu et à son utilisation pédagogique, deux sessions de travail collectives ainsi qu’une réunion de clôture dédiée à la présentation des résultats et aux perspectives de pérennisation du projet.

La pratique prend forme

Pendant la phase active, de mars à avril 2025, chaque structure a développé sa propre dynamique. La plupart ont instauré des temps de jeu fixes, les lundis et surtout les vendredis devenant des journées particulièrement prisées. En moyenne, entre 12 et 17 enfants participaient à chaque atelier, couvrant toutes les tranches d’âge du cycle 1 au cycle 4.
Les enfants ont rapidement pris des rôles actifs dans le fonctionnement de la ludothèque : ils expliquaient les règles de prêt aux nouveaux, présentaient des jeux, tenaient les listes d’emprunts (Ludocaire) et vérifiaient la complétude des jeux restitués. Certaines structures sont allées plus loin en permettant aux enfants de concevoir un logo, de décorer des sacs ou même d’aider à la désinfection des jeux. Cette participation a nettement renforcé leur sens des responsabilités.

 

Résultats concrets et ajustements

Durant la phase de documentation de deux mois, les structures ont enregistré un total de 168 prêts de jeux. Les plus populaires étaient des titres simples et rapides à apprendre, comme Fröschis, Similo et 6 nimmt!

Les équipes ont fait preuve d’une grande flexibilité : lorsqu’une structure a constaté, un vendredi ensoleillé, que peu d’enfants venaient jouer à l’intérieur, elle a déplacé le Spill Stuff à l’extérieur. Cette adaptation spontanée a immédiatement attiré plus d’enfants, y compris ceux qui, au départ, ne faisaient que regarder.

Le taux de retour a été globalement très bon : seuls 7 % des jeux empruntés sont revenus avec de légères détériorations. Dans un cas remarquable, un enfant ayant abîmé un jeu l’a réparé lui-même avec ses parents – un signe fort de l’intégration du sens de la responsabilité.

Défis et solutions

Les deux rencontres d’échange organisées pendant la phase d’incubation ont permis de trouver collectivement des solutions aux difficultés rencontrées. Les principaux défis étaient :

  • Gestion du temps : les deux à quatre heures estimées par semaine étaient souvent insuffisantes ;

  • Influence de la météo : par beau temps, la fréquentation intérieure tendait à diminuer ;

  • Communication avec les parents : peu de retours directs des familles ;

  • Gestion du matériel : vérification chronophage des jeux complexes.

Bilan de l’expérimentation

Après deux mois de pratique intensive, les sept structures avaient toutes mis en place une ludothèque fonctionnelle. Le scepticisme initial de certains professionnels a fait place à l’enthousiasme, les enfants ont pris des responsabilités, et les premières réactions positives des familles ont été recueillies.

La phase d’essai a démontré qu’avec un accompagnement adapté, de la flexibilité et l’engagement de tous les acteurs, une ludothèque peut devenir un élément vivant et pédagogiquement précieux du quotidien éducatif.

 

Suivi du projet pilote (pré et post tests)

  • Les jeux de société sont désormais perçus comme un outil pédagogique, et non plus comme un simple loisir, par l’ensemble des sept structures participantes.

  • Le jeu est mieux intégré dans l’organisation quotidienne : les moments de jeu sont devenus plus réguliers, intentionnels et structurants dans les pratiques éducatives.

  • Le rôle de l’adulte est reconnu comme central : les éducateurs, en tant que médiateurs, accompagnateurs ou co-joueurs, influencent fortement la qualité de l’expérience des enfants.

  • Les familles perçoivent positivement l’accès gratuit aux jeux : une majorité indique jouer davantage en famille grâce à la ludothèque. La ludothèque apparaît comme un soutien concret au quotidien familial.

  • La complexité de certains jeux a pu limiter la participation de certains enfants, mais ces jeux présentent souvent une forte valeur pédagogique lorsqu’ils sont accompagnés.

  • Toutes les structures ont impliqué les enfants, ce qui confirme l’ancrage de la participation active — un principe fondamental de l’éducation non formelle. Le projet a permis d’incarner ce principe de manière concrète et visible.